«Huis-clos» par Jean-Paul Sartre
«Inès -- Morte! Morte! Morte! Ni le couteau, ni le poison, ni la corde. C'est déjà fait, comprends-tu? Et nous sommes ensemble pour toujours.
Elle rit.»
Wednesday, March 24, 2010
Tuesday, March 23, 2010
Jean Paul Sartre
«Huis-clos» par Jean-Paul Sartre
GARCIN : Vous n'avez pas peur, vous ?
INES : Pourquoi faire ? La peur, c'était bon avant, quand nous gardions de l'espoir.
GARCIN doucement : Il n'y a plus d'espoir, mais nous sommes toujours avant. Nous n'avons pas commencé de souffrir, mademoiselle.
INES : Je sais. (Un temps.) Alors? Qu'est-ce qui va venir?
GARCIN : Je ne sais pas. J'attends.
GARCIN : Vous n'avez pas peur, vous ?
INES : Pourquoi faire ? La peur, c'était bon avant, quand nous gardions de l'espoir.
GARCIN doucement : Il n'y a plus d'espoir, mais nous sommes toujours avant. Nous n'avons pas commencé de souffrir, mademoiselle.
INES : Je sais. (Un temps.) Alors? Qu'est-ce qui va venir?
GARCIN : Je ne sais pas. J'attends.
Thursday, March 18, 2010
Marcel Proust II
Du côté de chez Swann: «Une réception au Faubourg Saint-Germain»
« 'Ce pauvre Swann, dit ce soir-là Mme des Laumes à son mari, il est toujours gentil, mais il a l'air bien malheureux. Vous le verrez, car il a promis de venir dîner un de ces jours. Je trouve ridicule au fond qu'un homme de son intelligence souffre pour une personne de ce genre et qui n'est même pas intéressante, car on la dit idiote', ajouta-t-elle avec la sagesse des gens non amoureux, qui trouvent qu'un homme d'esprit devrait être malheureux que pour une personne qui en valût la peine; c'est à peu près comme s'étonner qu'on daigne souffrir du choléra par le fait d'un être aussi petit que le bacille virgule. »
« 'Ce pauvre Swann, dit ce soir-là Mme des Laumes à son mari, il est toujours gentil, mais il a l'air bien malheureux. Vous le verrez, car il a promis de venir dîner un de ces jours. Je trouve ridicule au fond qu'un homme de son intelligence souffre pour une personne de ce genre et qui n'est même pas intéressante, car on la dit idiote', ajouta-t-elle avec la sagesse des gens non amoureux, qui trouvent qu'un homme d'esprit devrait être malheureux que pour une personne qui en valût la peine; c'est à peu près comme s'étonner qu'on daigne souffrir du choléra par le fait d'un être aussi petit que le bacille virgule. »
Friday, March 12, 2010
Marcel Proust
Du Côté de chez Swann: «Une réception au Faubourg Saint-Germain» par Marcel Proust
«Elle observait la mimique de sa voisine mélomane, mais ne l'imitait pas. Ce n'est pas que, pour une fois qu'elle venait passer cinq minutes chez Mme de Saint-Euverte la princesse des Laumes n'eût souhtaité, pour que la politesse qu'elle lui faisait comptât double, de se montrer le plus aimable possible. Mais par nautre, elle avait horreur de ce qu'elle appelait 'les exaggérations' et tenait à montrer qu'elle 'n'avait pas' à se livrer à des manifestations qui n'allaient pas avec le 'genre' de coterie où elle vivait, mais qui pourtant d'autre part ne laissaient pas de l'impressionner, à la faveur de cet esprit d'imitation voisin de la timidité que développe, chez les gens les plus sûrs d'eux-mêmes, l'ambiance d'un milieu nouveau, fût-il inférieur.»
Thursday, March 11, 2010
Jacques Prévert
Voici quelques liens au youtube sur quelques œuvres aimées. Vous pouvez laissez un commentaire, mais ce n'est pas obligatoire cette-fois-ci. De toute façon, j'aimerais savoir lequel est votre préféré.
«Le déjeuner du matin» une dramatisation
http://www.youtube.com/watch?v=mwTIrDRLjzE«Le déjeuner du matin» chanté par Marlene Dietrich
http://www.youtube.com/watch?v=j8DLhDeLlNg
«Les feuilles mortes» chanté par Yves Montand (deux classiques!)http://www.youtube.com/watch?v=JWfsp8kwJto
Monday, March 8, 2010
Paul Eluard: «Liberté»
«Liberté» par Eluard
«. . .
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.»
«. . .
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.»
Monday, March 1, 2010
André Gide
«Le Retour de l'enfant prodigue» par André Gide
«Lorsqu'après une longue absence, fatigué de sa fantaisie et comme désépris de lui-même, l'enfant prodigue, du fond de ce dénûment qu'il cherchait, songe au visage de son père, à cette chambre point étroite où sa mère au-dessus de son lit se penchait, à ce jardin abreuvé d'eau courante, mais clos et d'où toujours ils désirait s'évader, à l'économe frère aîné qu'il n'a jamais aimé, mais qui détient encore dans l'attente cette part de ses biens que, prodigue, il n'a pas pu dilapider -- l'enfant s'avoue qu'il n'a pas trouvé le bonheur, ni même su prolonger bien longtemps cette ivresse qu'à défaut de bonheur il cherchait.»
«Lorsqu'après une longue absence, fatigué de sa fantaisie et comme désépris de lui-même, l'enfant prodigue, du fond de ce dénûment qu'il cherchait, songe au visage de son père, à cette chambre point étroite où sa mère au-dessus de son lit se penchait, à ce jardin abreuvé d'eau courante, mais clos et d'où toujours ils désirait s'évader, à l'économe frère aîné qu'il n'a jamais aimé, mais qui détient encore dans l'attente cette part de ses biens que, prodigue, il n'a pas pu dilapider -- l'enfant s'avoue qu'il n'a pas trouvé le bonheur, ni même su prolonger bien longtemps cette ivresse qu'à défaut de bonheur il cherchait.»
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